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564 REGISTRES DU BUREAU [i566]
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DCCLV. — Arrest de la Court pour la cendre gravelée.
a4 mai i566. (H 1784, fol. 368 v°.)
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Extraict des registres de Parlement.
"Entre les maistres jurez vinaigriers de ceste ville de Paris, demandeurs à l'enterinement d'une requeste par eulx presentée à la Court, d'une part, et les Prevost des Marchans et Eschevins de ceste ville de Paris, deffendeurs à lad. requeste, d'autre, après ce quc lesd, deffendeurs ont consenty quc au lieu veu et visité, le douziesme du present moys, par maistre Ambroise Pothier, huissier en lad. Court, en la presence desd, parties, assis près et à l'opposite de la justice de Montfauicon près le chemyn tirant à Belleville sur une autre chemyn qui se port à une carriere appartenant au chappitre de Paris, les demandeurs puissent faire cuire leurs
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cendres gravelées jusques à ung moys prochain venant pour essayer et congnoistre s'il y a incommodité pour les habitans de lad. Ville et que lesd, cendres leur puissent apporter mauvaise odeur et infecter lad. Ville; auquel lesd, deffendeurs de-clairent dès à present qu'ilz entendent empescher que lesd, cendres soient cuyttes aud. lieu et plus près que les lieux désignez en l'arrest mentionné en lad. requeste; ce qui a esté consenty ct accordé par lesd, demandeurs.
"Faict en Parlement, le vingt-quatriesme jour de May, l'an mil cinq cens soixante et six f1'."
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Collation est faicte.
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Ainsi signé : Dutillet.
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DCCLVI. ---- CllERTE DE BLEDZ.
Juin i566. (H 1784, fol. 369 r°.)
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En ceste presente année mil vc Ixvi, et mesmes dès la sainct Remy derniere, y a eu telle sterelité de bledz que, quelque dilligence dont on a sceu user par les moyens cy devant enregistrez, le bled a tousjours esté vendu à raison de ix livres tournois le fourment, et les autres grains à l'equipolent jusques à la my Juing que, au moyen du beau temps et esperance de belle moisson, il fut vendu huit livres tournois. Mais sur la fin dud. moys de Juing, à cause des grandes pluyes lors survenues, il est tellement renchery que le peuple n'en povoit avoir qu'il ne coustast xii, xiii, xiiii et xv livres, et au commencement de Juillet jusques à xxi livres, x solz tournois, pris plus excessif que jamais n'avoit esté de la me-
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moire des hommes, tellement que le commung po-pullaire, voyant le pain si cher, commença à murmurer, et voulloient baptre les boullengers, et aucuns bruslerent.leurs charettes, tellement qu'il fallut que la justice y mist la main ; et mesmes Mess" de la Ville, de leur costé, assistèrent par chascun jour de marché, avec les archers, arbalestriers et hacquebutiers de lad. Ville, aux Halles, au cimetiere S' Jehan et à la place Maubert, pour estre presens à la distribution du pain et garder qu'il n'y eust aucune sédition, noise, ne querelle, et que lesd, boullengers vendissent leur pain de gré à gré, affin qu'ilz eussent tousjours à cuyre et fournir lad. Ville de pain'2'.
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C Cet arrêt du Parlement se trouve au registre des Matinées. (Archives nationales, Parlement de Paris, X1* 5oio, fol. 267 r°.) '2) La cherté persistante des blés dans le cours de l'année i566 causa de vives préoccupations à Paris et obligea le Parlement à prendre les dispositions nécessaires pour y remédier; c'est ainsi que, le 28 mai, la Cour enjoignit aux Lieutenants de la Prévôté de Paris et aux conseillers du Châtelet de se transporter dans chaque quartier avec un commissaire et de procéder à la description des blés qu'ils trouveraient dans les maisons et greniers des habitants, marchands de blés Ou autres, tant à Paris que dans les villages d'alentour, et ne permit la sortie des grains que dans la proportion d'une mine ou d'un setier par personne. Le 21 juin suivant, le Parlement, considérant à tort ou à raison que la cherté des blés provenait principalement "des arrestz ou empeschemens que l'on faict es villes d'Estampes, Pithiviers et autres n sur le blé destiné à l'approvisionnement de la capitale, fit défenses expresses aux officiers royaux d'entraver le commerce des marchands. Malgré toutes ces mesures de protection, la situation s'aggravait de jour en jour; le 4 juillet, la Cour, en présence "de l'urgente et extreme nécessité qui est aujourd'hui on ceste Ville pour la stérilité et défault de bled 71, ordonna à Jean Tanchou, lieutenant criminel de robe courte, de se rendre en toute bâte à Corbeil, Melun, la Ferté-Alais, Etampes et Pithiviers, afin de faire envoyer sans relard les blés qu'il pourrait se procurer, -pour ayder à la nourriture et subvention
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